La perception que les autres ont de nous compte

Le syndrome WYSIWYG

Il peut sembler évident que la perception que les autres ont de nous compte. Après tout, les premières impressions se forment rapidement (et comptent). Après tout, les emplois traditionnels fonctionnent sur la politique de bureau ; la capacité des journaux à fournir des informations précises, neutres et objective est discutable ; à Hollywood, la plupart des célébrités pensent que toute publicité est « bonne publicité » dans le but de faire le buzz et de l’école primaire à l’université, nous avons tous eu de faux amis.

Mais est-ce que ce monde caricatural dans lequel nous vivons, est-il assez pour justifier pourquoi la perception est si importante ? Alors que nous semblons tous être d’accord avec le fait que tout n’est pas unidimensionnel et qu’il y a toujours des couches plus profondes, combien d’entre nous prenons cela à cœur pour de bon et refusons de croire dans la conformité aveugle ?

Ce qui se passe plutôt : nous voyons des gens dans une situation et la plupart du temps nous supposons que cela reflète leur comportement dans toutes les situations. La plupart du temps, nous semblons oublier combien de vérité est cachée dans la phrase « cela dépend de la situation » et nous sommes prompts à étiqueter les gens, même si, ce à quoi que nous assistons ne correspond qu’à une fraction de ce qui se passe réellement. Nous faisons continuellement des inférences fondées sur des croyances erronées sur les autres personnes. C’est comme si la plupart d’entre nous sommes plus à l’aise avec l’illusion qui réussit à nous convaincre le plus.

Peut-être qu’une des raisons qui explique pourquoi la perception d’autrui compte autant réside dans notre tendance naturelle à se précipiter de sauter aux conclusions sans connaître tous les faits, ou encore, sans même en tenir compte. Peut-être que la perception compte aussi car nous avons tendance à perdre de vue les petits détails qui impactent énormément sur les personnes avec qui nous interagissons et nous nous laissons envahir par le syndrome WYSIWYG (What You See Is What You Get/ « Ce que vous voyez est ce que vous obtenez »). C’est peut-être aussi parce que nous vivons de moins en moins dans le moment présent ou nous sommes trop occupés à courir dans nos propres vies au lieu de s’arrêter d’un temps à l’autre et y prêter attention.

Il y a effectivement beaucoup des situations qui ont une signification bien plus profonde, mais nous refusons d’investir du temps dans une situation donnée ; nous refusons de poursuivre l’enquête et de tirer le voile WYSIWYG (« ce que vous voyez et ce que vous obtenez ») de nos yeux afin de voir les situations et les gens tels qu’ils sont réellement.

De plus, comme tout le monde n’est pas un expert en cognition sociale, très peu de gens comprennent que les situations dans lesquelles nous nous trouvons ont une influence énorme sur notre perception de celles-ci. Non seulement la plupart des gens ne sont pas conscients de la façon dont le contexte, l’environnement autour de nous, façonne nos pensées et nos instincts les plus intimes (et cela, sans même le réaliser), mais ils sont aussi dépourvus des techniques nécessaires afin d’interpréter les situations qui influencent le comportement des individus.

Voilà pourquoi je recommande fortement la lecture de Les Situations comptent : Comprendre comment le contexte transforme votre monde de Sam Sommers. Ce livre est un véritable trésor, rempli de résultats de recherche et d’innombrables exemples et expériences de psychologie sociale qui montrent comment le contexte de la situation dans laquelle les individus se trouvent façonne leur comportement. Dans cet ouvrage, l’auteur donne plusieurs suggestions concrètes pour développer l’ouverture d’esprit, nous empêchant ainsi de tomber dans la routine WYSIWYG (« ce que vous voyez et ce que vous obtenez »).

Je ne fais pas partie de ceux qui croient dans la perception comme étant la réalité. Pourtant, j’ai appris que cela importe. Parce que, hey, combien d’entre nous se rendent compte que ce sont en effet les situations de vie que les gens traversent, et non pas les perceptions, qui comptent en réalité ?

Combien d’entre nous se rendent compte que les gens ne sont pas toujours ce qu’ils semblent être dans une situation ? Et que la nature authentique de l’être humain est une série de transformations, de peintures, de miroirs, d’images qui se forment en fonction de comment nous nous rapportons aux différentes personnes et contextes ?

A chaque fois que nous faisons des déclarations au sujet de quelqu’un sans mentionner « dans cette situation particulière », on oublie que les contextes ordinaires, d’où nous sommes à ce que nous voyons autour de nous, à qui d’autre est avec nous, influence et transforme la façon dont nous nous comportons et les traits de caractère que nous exhibons dans une  » situation particulière « . En plus, nous supposons que le caractère d’une personne est statique et immuable d’épisode en épisode, d’une situation à une autre. Ce qui est faux.

Étant donné les variables et les différences entre et au sein de cultures (qui peuvent être exprimées de nombreuse façons – le style vestimentaire, la parole, la nourriture, les valeurs, la philosophie de vie) nous devrions être encore plus prudents avant de faire des généralisations simplistes.

Ensuite, au fond de nous, nous savons tous que notre dévouement à la société, à ses traditions et ses normes est surtout un mariage de convenance et que la grande affaire de la vie est de vivre aussi diversement que possible et se rapprocher de nos rêves les plus profonds qui sont ancrés dans notre sous-conscient. Voilà pourquoi il est encore plus compliqué de supposer que nous connaissons une personne, surtout quand ce qui se passe à l’intérieur de l’esprit et de l’âme de quelqu’un ne s’affiche pas forcément à l’extérieur.

Je suis sûre qu’en comprenant l’influence que le contexte a dans nos vies et en utilisant cette connaissance pour repenser la façon dont nous voyons le monde, chacun de nous sera plus efficace dans nos interactions avec les autres.

Nous pouvons toujours choisir la façon dont nous regardons les choses et les gens. Je crois vraiment que si nous observions plus et supposions moins, si nous serions plus attentifs, plus ouverts d’esprit, si nous arrêtions de catégoriser les gens, si nous arrêtions à accepter naïvement juste ce que nous voyons sans garder tout dans son contexte, nous pourrions tous vivre mieux, pardonner plus facilement et manifester plus de compassion les uns envers les autres.

Mais cette réalité divine est d’une nature telle, qu’elle ne peut être comprise directement que par ceux qui choisissent d’aimer, d’avoir un cœur pur et un esprit riche. Par ceux qui ont réussi à se libérer de l’attachement de leur propre ego, de la conception matérialiste de l’univers, de l’indifférence, du rejet de l’incompréhension et ont choisi de s’immerger dans ce monde avec beaucoup de compassion.

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